Recycler ses vêtements (B2/C1)
Niveau: B2/C1 · Durée: 6:32 · Thème: Consommation
La fast fashion a des conséquences environnementales et sociales considérables. Peut-on vraiment recycler ses vêtements ?
un lambeau → un morceau de tissu déchiré
revalorisable → qui peut être réutilisé ou recyclé
enfoui → caché, enterré profondément sous la surface
une benne à vêtements → un conteneur où l’on dépose des habits usagés
une enseigne → une grande marque ou chaîne de magasins
la précarité → une situation de grande pauvreté et d’instabilité
Vous pouvez écouter la vidéo autant de fois que nécessaire et prendre des notes.
- Pourquoi les vêtements envoyés au Ghana posent-ils un problème ?
- Quel est le rôle du Vestiaire social à Genève ?
- Quelles solutions sont proposées dans le reportage pour lutter contre la fast fashion ?
- Quel message général le reportage cherche-t-il à transmettre ?
- Pourquoi les images du Ghana ont-elles choqué de nombreuses personnes ?
- Quels types de vêtements ne peuvent généralement pas être réutilisés ?
- Pourquoi la qualité des vêtements collectés diminue-t-elle selon le reportage ?
- Pourquoi certaines personnes demandent-elles davantage de mesures politiques contre la fast fashion ?
- À quoi servirait l’argent du fonds suisse pour la mode ?
- Quelle critique est faite du modèle économique de la fast fashion ?
Pensez-vous que les consommateurs sont principalement responsables de la fast fashion ? Pourquoi ?
Les gouvernements devraient-ils réglementer davantage l’industrie de la mode ?
A. Compréhension générale
- Une grande partie des vêtements envoyés au Ghana n’est pas revendue et finit abandonnée dans l’environnement.
- Le Vestiaire social distribue gratuitement des vêtements de seconde main à des personnes en situation de précarité.
- Le reportage propose notamment de mieux recycler, de donner des vêtements en bon état, de limiter la surconsommation et de créer des mesures politiques comme une taxe sur les vêtements.
- Le reportage montre que la fast fashion a des conséquences environnementales et sociales importantes et que tout le monde a une part de responsabilité.
B. Compréhension détaillée
- Les images ont choqué parce qu’elles montraient des déchets textiles enfouis dans le sable au Ghana, des vêtements qui avaient peut-être été portés par les téléspectateurs eux-mêmes.
- Les vêtements troués, très abîmés, faits de simili qui s’effrite, ou portant des marques de transpiration imprégnées dans la semelle ne peuvent pas être réutilisés.
- La qualité baisse parce que la quantité d’habits récupérés augmente, notamment avec l’essor de la fast fashion et de l’ultra fast fashion qui produisent des vêtements de piètre qualité.
- Parce que tant que les vêtements restent disponibles à bas prix, les consommateurs continueront à en acheter en grande quantité. Une décision politique forte est nécessaire pour contraindre les entreprises à assumer les coûts sociaux et environnementaux de leur production.
- L’argent du fonds servirait à améliorer les systèmes de collecte et de recyclage, à financer des bons à la réparation, à développer l’offre de seconde main, et à améliorer les conditions de travail dans l’industrie textile.
- La critique est que le modèle économique de la fast fashion repose sur la surconsommation. L’objectif des entreprises n’est pas que les clients gardent un vêtement longtemps, mais qu’ils en achètent toujours plus.
C. Complétez les phrases
- abandonné
- mal
- taxées
- symbolique
- durable
Le Ghana, victime de la fast fashion.
Ce reportage d’À Bon Entendeur a rencontré un intérêt exceptionnel avec plus de 3 millions de vues sur les réseaux sociaux.
« Ici, ce ne sont que des déchets textiles. Nous, on appelle ça des tentacules. Et plus tu creuses, plus tu trouves des tentacules enfouis profond dans le sable. »
Le responsable de cette catastrophe, c’est ce que l’on appelle la fast fashion : la mode à bas prix. Des images qui ont choqué et suscité bien des questions.
« Mais du coup, les bennes à vêtements qu’il y a dans mon village, je fais quoi ? »
« Un désastre. »
« Comment savoir où finira ce que je donne ? »
« Quelle honte ! »
« Achète moins et donne autour de toi. »
Selon les estimations, seulement 60 % des vêtements qui arrivent au Ghana sont revendus. 40 % du textile apporté au Ghana est simplement abandonné. Continuer à remplir des boîtes à fringues d’habits peu abîmés ou quasi neufs comme si de rien n’était : un gros dilemme écologique et éthique.
« Ces lambeaux de vêtements qui s’échouent ici ont un jour été portés, peut-être par vous. »
Alors, comment faire ? Que faire de ces habits que l’on ne porte plus ? Nous nous sommes rendus au Vestiaire social à Genève à la recherche de conseils pour donner utile. Le Vestiaire social fournit gratuitement des vêtements de seconde main aux personnes en situation de grande précarité. L’ambition des lieux : donner une seconde vie aux habits. Mais ce n’est malheureusement pas toujours possible.
« 50 % de ce qui nous arrive est endommagé, troué et n’est pas revalorisable. Une basket qui est complètement déchirée à l’intérieur ou dont la semelle serait usée, on ne peut rien en faire à part finalement la jeter à la poubelle. »
Ici, une tonne d’habits usagés arrive chaque jour, collectée principalement dans des bennes. Le système de redistribution est mis à mal. La quantité d’habits récupérés augmente, mais la qualité, elle, baisse, avec le risque de retrouver ces vêtements de piètre qualité sur une plage du Ghana.
« Alors là, je vous ai apporté quelques exemples classiques de ce qu’on reçoit au quotidien. Dans les chaussures, ça, c’est très classique : c’est du simili. Vous voyez, au bout d’un moment, ça craquelle et ça part complètement en miettes. Pourtant, si on regarde la semelle dessous, c’est neuf, ça n’a jamais été porté. Un autre exemple, qui est pour moi aussi un classique, ce sont ces chaussures où il y aura des marques de transpiration complètement imprégnées dans la semelle. Ça, ça ne part pas et quelqu’un n’a pas envie de reporter la chaussure de quelqu’un qui a transpiré dedans. Donc ça, pour moi, c’est un exemple qu’on reçoit beaucoup. Quelques vêtements aussi… On parlait de fast fashion tout à l’heure. »
Vu leur état, ces textiles ne devraient pas être là. Ils seront jetés à la poubelle.
« Vous voyez, quand on reçoit ça… Alors ça, par exemple, c’est de la matière qu’on va mettre au recyclage parce que ça peut être broyé en fibres et réutilisé. Plus le vêtement va être propre et en bon état, plus il aura de chances d’avoir une réelle seconde vie. Mon conseil, c’est vraiment d’aller directement vers les associations en leur donnant des vêtements propres et en bon état. Là, il y a une garantie beaucoup plus élevée que le vêtement soit réutilisé localement par des personnes qui en ont besoin. »
« Pour moi, la problématique, c’est qu’il faudrait vraiment pouvoir un peu fermer les vannes de ce qui nous arrive sur le marché. Il y a beaucoup trop en circulation. Il y a ces grandes enseignes, on parle d’ultra fast fashion mais aussi de fast fashion, qui ne sont pas assez taxées à l’entrée du marché. Tant que ça reste facile d’acheter beaucoup, les gens continueront à acheter, tout simplement. »
« Je suis d’accord sur le fait qu’on mette aussi la responsabilité sur le consommateur. On doit se poser la question : qu’est-ce qu’on achète ? Pourquoi on l’achète ? Combien de temps va-t-on porter un vêtement ? Mais malgré tout, tant qu’il y a une offre disponible à un prix tellement abordable, évidemment que les gens vont continuer à acheter. Donc je pense qu’il y a une décision politique forte qui doit être passée à un moment donné. »
Le 3 septembre 2025, cinq tonnes d’habits usagés ont été déversées devant le Palais fédéral. Une action symbolique pour demander aux autorités des mesures contre la fast fashion. Une pétition signée par près de 35 000 personnes a été déposée ce jour-là pour défendre la création d’un fonds suisse pour la mode. À l’origine de cette mobilisation : Public Eye, une ONG qui lutte pour une Suisse responsable et solidaire.
« On a un message très clair : face à un problème systémique, les autorités doivent prendre des mesures politiques. On a une proposition concrète : un fonds suisse pour la mode. C’est une taxe anticipée qui contraindrait toutes les entreprises mettant de nouveaux vêtements sur le marché suisse à contribuer aux coûts sociaux et écologiques des vêtements. Donc une taxe payée pour chaque nouveau vêtement. Cet argent récolté servirait à améliorer les systèmes de collecte et de recyclage. Il servirait aussi à financer des initiatives qui visent à prolonger la durée de vie des vêtements : des bons à la réparation, améliorer de l’offre de seconde main, mais aussi à financer des programmes destinés à améliorer les conditions de travail. »
« Déjà aujourd’hui, le vêtement le plus durable, c’est le vêtement qu’on n’achète pas. Et j’imagine bien que ce n’est pas forcément ce qu’on a envie d’entendre, mais le premier point, c’est vraiment d’éviter la surconsommation. La stratégie de ces entreprises, ce n’est pas qu’on garde un vêtement longtemps ni qu’on le porte plusieurs fois : c’est qu’on en achète toujours plus. Et ça a vraiment un coût social et environnemental très important. On l’a vu au Ghana et dans d’autres pays, mais finalement, je crois que le prix de la mode actuelle, on le paie tous à la fin. »
L’industrie de l’habillement, les politiques et nous, consommateurs : tous sont des acteurs ayant une part de responsabilité dans la chaîne vestimentaire.