Des fleurs made in Bretagne (B1)
Niveau: B1 · Durée: 1:56 · Thème: Environnement
Tiphaine Turluche, une jeune fleuriste, a fait un choix radical : ne travailler qu'avec des fleurs locales et de saison. Alors que la grande majorité des fleurs vendues en France viennent de l'étranger, elle milite pour que les choses changent.
alentour → dans les environs, à proximité
parcourir (une distance) → faire un trajet d’une certaine longueur
une aberration → une chose absurde, illogique
décarboné(e) → qui n’émet pas (ou très peu) de carbone, bon pour l’environnement
une filière → l’ensemble des étapes et des acteurs d’un secteur économique (ici, le secteur des fleurs)
un affichage obligatoire → une information que la loi oblige à montrer clairement
s’approvisionner (en quelque chose) → se procurer, acheter ce dont on a besoin pour travailler
Vous pouvez écouter la vidéo autant de fois que nécessaire et prendre des notes.
- En quoi la démarche de Tiphaine Turluche est-elle différente de celle de la plupart des fleuristes en France ?
- Quel changement Tiphaine Turluche espère-t-elle provoquer, au-delà de son propre atelier ?
- La plupart des fleuristes vendent des fleurs importées, souvent venues de loin, alors que Tiphaine travaille uniquement avec des fleurs locales et de saison, produites en Bretagne.
- Elle veut transformer durablement toute la filière, en rendant obligatoire l’affichage de la provenance des fleurs chez tous les fleuristes en France, et en proposant cette mesure à l’Assemblée nationale.
La fête des mères, c’est la belle saison pour les fleuristes, mais Tiphaine Turluche a une particularité. C’est l’une des rares professionnelles en France à travailler seulement avec des fleurs locales et de saison. Ici, un bouquet 100 % breton.
« Là, celui-ci, il y a des fleurs d’un peu toute la Bretagne, sauf les Côtes-d’Armor pour celui-ci en particulier. Et à l’échelle d’une année, pour Les Bottes d’Anémone, on a 76 % de nos fleurs qui viennent de moins de 150 kilomètres alentour, entre le champ où elles ont été produites et l’atelier des Bottes d’Anémone. »
Car aujourd’hui, les fleurs vendues en France parcourent en moyenne 10 000 kilomètres. 90 % d’entre elles sont importées. Une aberration pour ces clients.
« On respecte la logique de la fleur qui pousse, qu’on ne va pas chercher au Kenya ou je-ne-sais-où, et qui est de saison surtout. »
« C’est un bouquet rempli de convictions également, et ça, c’est important. Je pense que, dans l’époque dans laquelle on est, on a besoin, en fait, de cette transformation de modèle. »
Un modèle décarboné. Ici, pas de plastique, pas de frigo. Les fleurs viennent de fermes florales françaises, et elles ne sont pas plus chères qu’ailleurs.
En Bretagne, on dénombre près d’une cinquantaine de producteurs écoresponsables. Tiphaine Turluche a pour ambition de transformer durablement la filière.
« Pour moi, la première étape, celle qui serait la plus efficace à court terme, c’est vraiment de travailler sur un affichage obligatoire de la provenance des fleurs, chez tous les fleuristes et tous les points de vente de fleurs en France. Après, on pourra aussi, évidemment, travailler sur les produits chimiques qui sont contenus dans les fleurs importées, comme c’est en train d’être voté en ce moment pour les fruits et légumes. »
Des propositions qu’elle devrait porter dans les semaines qui viennent auprès de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, dans notre pays, seulement une douzaine de professionnels s’approvisionnent à 100 % en fleurs françaises.