Vivre en France, travailler en Suisse (B1)
Suivez le quotidien de Régis, travailleur frontalier entre la France et la Suisse.
Il est 6 h 30 et Régis prend déjà la route, son thermos de café posé sur le siège passager. Il allume la radio : les informations suisses, par habitude. Comme chaque matin depuis huit ans, il quitte son domicile près d’Annemasse pour rejoindre son entreprise lausannoise, où il travaille comme cadre commercial. Une heure et quart de trajet, parfois davantage selon la circulation. « C’est long, mais pour un poste équivalent, je gagnerais sans doute 40 % de moins en France », explique-t-il.
Comme lui, des milliers de personnes quittent la France chaque matin pour rejoindre leur bureau de Genève ou de Lausanne. Ces travailleurs frontaliers sont souvent attirés par les salaires alléchants. En effet, les rémunérations suisses, généralement nettement supérieures à celles pratiquées en France, permettent d’épargner plus facilement ou de financer des projets qui semblaient jusque-là inaccessibles. Beaucoup considèrent cela comme une chance d’améliorer leur situation, voire de changer de vie tout court.
Mais cette organisation a un prix. Embouteillages, trains retardés, temps passé sur la route : certains reconnaissent qu’ils en ont parfois assez. Il faut aussi se familiariser avec les démarches administratives et, parfois, avec des habitudes de travail un peu différentes. Ceux qui débutent ont besoin d’un temps d’adaptation ; les autres finissent par s’y habituer.
Aux abords de la frontière, ces déplacements quotidiens façonnent également le territoire. De plus en plus de Français choisissent de s’installer dans les communes voisines afin de raccourcir leurs trajets, ce qui contribue à la hausse des prix de l’immobilier. Trouver un logement abordable devient alors plus compliqué. Certaines communes en tirent néanmoins des bénéfices grâce aux recettes fiscales supplémentaires et à l’arrivée de nouveaux habitants.
Sylvie, qui habite Saint-Julien-en-Genevois depuis vingt ans, observe ces changements avec un sentiment partagé. « La ville s’est beaucoup transformée. Il y a plus de monde, plus de commerces, c’est plus vivant qu’avant. Mais mes enfants, eux, ne pourront sans doute jamais acheter ici : les prix sont devenus trop élevés pour des salaires français. »
Régis, lui, ne se pose plus vraiment la question. « Lausanne fait partie de ma vie maintenant. J’y vais depuis si longtemps que je connais la ville presque mieux que ma propre région. »
Sans vraiment s’en apercevoir, il a fini par développer ses propres repères, à mi-chemin entre les deux pays. Lausanne, c’est le travail ; Annemasse, c’est chez lui. Entre les deux, au fil des années, une routine s’est installée.
- Quelles sont les deux principales raisons, mentionnées dans le texte, qui poussent quelqu’un à devenir travailleur frontalier ?
- Quels inconvénients de la vie de frontalier sont mentionnés dans le texte ?
- Pourquoi le sentiment de Sylvie à propos des changements dans sa ville est-il qualifié de « partagé » ?
- Vrai ou faux ? À la fin du texte, Régis considère Lausanne uniquement comme un lieu de travail. Justifiez votre réponse avec une phrase du texte.
- Une accumulation de voitures qui ralentit la circulation______
- Mettre de l’argent de côté______
- Finir par trouver normal ce qui était difficile au début______
- Très attirants, qui donnent envie (en parlant de salaires)______
- Remarquer quelque chose, en prendre conscience______
| Verbe (dans le texte) | Nom correspondant |
|---|---|
| épargner | ______ |
| s’installer | ______ |
| développer | ______ |
| Nom (dans le texte) | Verbe correspondant |
|---|---|
| un temps d’adaptation | ______ |
| un repère | ______ |
À votre tour : pensez à un changement que vous observez dans votre ville, votre quartier, ou votre pays, et décrivez sa conséquence (3-4 phrases).
Questions de compréhension
- Les rémunérations suisses, nettement supérieures à celles pratiquées en France, qui permettent d’épargner plus facilement ou de financer des projets autrement inaccessibles ; et le fait que beaucoup considèrent cela comme une chance d’améliorer leur situation, voire de changer de vie.
- Les embouteillages, les trains retardés et le temps passé sur la route ; les démarches administratives ; et des habitudes de travail parfois différentes.
- Parce qu’elle observe à la fois un effet positif (la ville est plus vivante, il y a plus de commerces) et un effet négatif (les prix de l’immobilier sont devenus trop élevés pour que ses enfants puissent acheter avec des salaires français).
- Faux. « Lausanne fait partie de ma vie maintenant. »
Repérage
des embouteillages · épargner · s’habituer (à) · alléchants · s’apercevoir (de) / s’en apercevoir
Manipulation : familles de mots
épargner → l’épargne · s’installer → l’installation · développer → le développement · un temps d’adaptation → s’adapter · un repère → repérer